LPS France

French Quality, Worldwide Efficiency

Superficie protégée à ce jour par les solutions LPS France® à travers le monde

Un portail industriel répond encore, mais les caméras ont disparu du réseau. Dans le bâtiment voisin, la production continue alors que la supervision ne reçoit plus les informations des automates. Après un orage, ce scénario peut conduire à chercher la panne au mauvais endroit : dans le logiciel plutôt que dans les liaisons physiques.

En Europe, au Maghreb ou en Amérique du Sud, les sites comportant plusieurs bâtiments partagent souvent une même fragilité : leurs échanges de données traversent des espaces extérieurs. Or, protéger l’alimentation électrique d’un local ne suffit pas à traiter tous les chemins par lesquels une perturbation peut atteindre ses équipements.

Ainsi, la bonne question n’est pas seulement « quel parafoudre installer ? », mais « quelles liaisons relient mes bâtiments, et comment sont-elles intégrées à la protection foudre ? ». Cet article explique les mécanismes utiles pour comprendre le risque, les limites du cuivre et de la fibre optique, puis les informations à réunir avant une étude.

L’objectif est de construire une architecture cohérente, sans transformer une recommandation générale en prescription universelle.

La foudre peut-elle endommager un réseau sans frapper le bâtiment ?

Oui : une perturbation liée à la foudre peut atteindre des équipements par leurs alimentations ou leurs liaisons conductrices, même lorsque le bâtiment n’est pas directement frappé. De plus, le champ électromagnétique associé à la décharge peut induire des tensions dans les circuits. La protection doit donc considérer les interfaces du site, et pas seulement sa toiture.

Trois mécanismes à distinguer

Une surtension transitoire est une élévation brève de tension susceptible de dépasser la tenue d’un équipement. L’induction électromagnétique est le mécanisme par lequel un champ magnétique variable produit une tension dans un circuit ; elle explique pourquoi le trajet des câbles compte aussi.

Par ailleurs, une montée en potentiel de terre est une élévation du potentiel électrique local liée à un courant circulant dans le sol et les prises de terre. Deux équipements éloignés, reliés par un câble conducteur, peuvent alors subir des différences de potentiel qui sollicitent leurs interfaces.

  1. Une perturbation peut se propager sur un conducteur entrant dans le bâtiment.
  2. Une tension peut être induite dans une boucle formée par les circuits.
  3. Une différence de potentiel peut apparaître entre des équipements interconnectés.

Le service météorologique américain, National Weather Service, rappelle que les surtensions liées à la foudre peuvent endommager des équipements électroniques à distance de l’impact (NWS, sécurité à l’intérieur). Cependant, cette observation ne permet pas de fixer une distance de sécurité universelle autour d’un bâtiment.

Cartographier les liaisons avant de choisir une protection

Un câble Ethernet est une liaison utilisée pour transporter des données sur un réseau local ; certaines installations utilisent également ses conducteurs pour alimenter un équipement. Ainsi, la liaison d’une caméra peut cumuler une fonction de communication et une fonction énergétique, ce qui doit être identifié dès le diagnostic.

Penser aux équipements périphériques

Concrètement, la première cartographie doit partir des usages : contrôle d’accès, vidéosurveillance, automatismes, télécommunications et supervision. Un petit boîtier extérieur peut être indispensable à l’exploitation, même si sa valeur d’achat semble faible.

Pour chaque liaison, relever au minimum :

Ensuite, distinguer le plan théorique du parcours réellement installé. Une extension ajoutée après la réception du site peut contourner les interfaces prévues initialement ; elle mérite donc une vérification documentaire spécifique.

Par exemple, une liaison posée temporairement pour un chantier peut devenir permanente sans être intégrée au dossier. Cet exemple est illustratif, et non un retour d’expérience attribué à un client LPS : il montre pourquoi l’inventaire doit couvrir aussi les modifications modestes.

Cuivre ou fibre : ce que le support change réellement

La fibre optique est un support de transmission qui transporte l’information sous forme de lumière. Une liaison optique entièrement diélectrique ne fournit pas de chemin conducteur électrique pour le signal entre ses extrémités ; toutefois, cela ne rend pas automatiquement toute l’installation insensible à la foudre.

Ne pas confondre isolation du signal et protection complète

En effet, les convertisseurs, commutateurs et caméras restent alimentés électriquement. De plus, certains câbles optiques comportent des éléments métalliques : leur présence doit être vérifiée dans les fiches techniques plutôt que supposée absente.

La comparaison doit donc porter sur plusieurs critères :

  1. L’existence ou non d’un chemin conducteur associé au support.
  2. Les besoins d’alimentation des appareils aux extrémités.
  3. Les contraintes de débit, de distance et d’environnement du projet.
  4. L’intégration des éléments métalliques à la conception électrique.
  5. Les modalités de remplacement et de dépannage de la liaison.

Le parafoudre pour lignes de communication

Pour une liaison cuivre, le dispositif adapté est un parafoudre pour lignes de communication, installé à l’entrée de chaque liaison dans un bâtiment. Il doit être choisi selon le type de signal transporté : Ethernet avec ou sans alimentation PoE, RS485, téléphonie ou coaxial.

En revanche, copier une référence choisie pour une autre interface peut perturber le fonctionnement du réseau ou laisser un besoin de protection non traité. Le choix se fait donc liaison par liaison, avec les caractéristiques de transmission et d’alimentation de chacune.

De plus, les écrans, blindages et parties métalliques des câbles, y compris les armures de certains câbles optiques, sont reliés à la liaison équipotentielle à l’entrée du bâtiment. Selon l’étude, les prises de terre des bâtiments reliés gagnent également à être interconnectées.

Ainsi, le choix cuivre ou fibre n’est pas une opposition entre « dangereux » et « invulnérable ». Il s’agit d’une décision d’architecture, à prendre avec les spécialistes réseau et électriques afin de traiter les chemins restants.

IEC 62305 : traiter les interfaces, pas seulement les appareils

La Commission électrotechnique internationale, désignée par l’acronyme IEC, publie la série IEC 62305 consacrée à la protection contre la foudre. Sa partie 4 traite les systèmes électriques et électroniques dans les structures et les mesures destinées à réduire le risque de défaillances permanentes liées aux effets électromagnétiques de la foudre.

La troisième édition, IEC 62305-4:2024, a été publiée le 12 septembre 2024 (IEC, fiche officielle). Cependant, citer cette édition ne dispense pas d’identifier les documents applicables au pays, au contrat et à l’installation étudiée.

En amont, l’analyse de risque selon l’IEC 62305-2:2024 constitue le point de départ du choix des mesures. C’est elle qui permet de relier les protections retenues aux conséquences possibles d’une perte de service.

Une conception coordonnée

L’équipotentialité est une démarche qui relie des parties conductrices selon une conception définie afin de limiter leurs différences de potentiel. Elle ne consiste pas à ajouter arbitrairement une liaison sur un équipement : son intégration demande une étude de l’ensemble concerné.

Pour préparer cette étude, organiser les questions dans cet ordre :

  1. Quels services doivent rester disponibles, et quelles conséquences aurait leur perte ?
  2. Quelles lignes entrent dans les bâtiments ou relient des zones distinctes ?
  3. Où sont les interfaces de protection et les connexions équipotentielles ?
  4. Comment les chemins de câbles et les boucles de circuits sont-ils maîtrisés ?
  5. Quelles preuves permettront de vérifier les choix et leur réalisation ?

Par conséquent, un paratonnerre ne remplace pas la protection des interfaces électroniques. Inversement, un parafoudre posé sur une liaison réseau ne constitue pas, à lui seul, un système complet de protection foudre du bâtiment.

Construire un dossier utile aux équipes d’exploitation

La résilience est la capacité d’une organisation à maintenir ou rétablir ses fonctions essentielles après une perturbation. Pour un réseau industriel, elle associe donc protection technique, connaissance de l’architecture et procédure de diagnostic.

Séparer protection, observation et preuve

Après un événement, une coïncidence temporelle entre orage et panne ne démontre pas automatiquement la cause électrique exacte. Néanmoins, des informations horodatées facilitent l’analyse lorsqu’elles sont rapprochées des journaux d’équipements et des constats réalisés par les intervenants habilités.

Un dossier exploitable réunit notamment :

Avant le retour en service, contrôler l’état des parafoudres après chaque orage significatif. En effet, un parafoudre sans voyant de défaut n’est pas forcément intact.

Dans cette logique, LPS Manager, l’application de supervision des produits connectés LPS France, centralise l’état des paratonnerres Paraton@ir, des compteurs d’impacts Compt@ir et des Alert@ir XT. Elle regroupe les défauts signalés, les impacts enregistrés et le suivi de garantie, avec un historique horodaté par installation.

Par ailleurs, Strike Radar permet de vérifier a posteriori si des impacts de foudre ont été relevés autour d’un site à une date donnée, puis d’obtenir rapports kérauniques et certificats de foudroiement. Ces documents reposent sur des données de détection que LPS France n’exploite pas elle-même ; ils ne remplacent pas une expertise électrique de la panne.

Enfin, chaque dispositif garde sa fonction : le système Contact@ir permet de tester et de superviser à distance les paratonnerres Paraton@ir, par liaison radio vers une passerelle Rout@ir ou en réseau cellulaire avec le Contact@ir MD. Il ne protège pas pour autant les ports réseau des bâtiments.

Contactez LPS France avec votre plan de site pour cadrer les besoins avant de sélectionner une solution.

En résumé, les liaisons entre bâtiments font partie du périmètre de protection foudre, même lorsqu’elles transportent seulement des données. Le support choisi, les alimentations, les parafoudres et l’équipotentialité doivent être étudiés ensemble, à partir de l’analyse de risque. Ainsi, une cartographie précise prépare une conception cohérente selon l’IEC 62305-4:2024. Le dossier de suivi permet ensuite d’expliquer les choix et d’agir avec méthode, sans promettre l’absence totale de panne.